L’arrivée des polymères hautes performances et des matériaux composites nouvelle génération offre une nouvelle approche, une nouvelle philosophie pour les réhabilitations complètes supra-implantaires.

En effet, F.Chiche et G.Guez considèrent que : « La réhabilitation bimaxillaire implanto-portée représente la situation comportant le plus grand risque de surcharge par absence de proprioception desmondontale. » La prise en charge des patients à l’aide de ces réhabilitations prothétiques présente donc un vrai challenge clinique et biomécanique pour le duo praticien/prothésiste.

Face à la rigidité des matériaux conventionnels utilisés pour la réalisation des infrastructures qui s’opposent à la torsion naturelle des tissus osseux, le développement des polymères HP se présente comme une alternative intéressante. Ces polymères HP offrent un module d’élasticité proche de l’os permettant ainsi de réduire ces contraintes et d’amortir une partie des chocs masticatoires. De plus, la faible densité des polymères HP permet des restaurations prothétiques légères et résistantes à la fracture.

Au delà des problèmes liés aux armatures conventionnelles, le recours assez fréquent de céramique cosmétique pour recouvrir ces armatures peut poser des problèmes lors des phases de cuisson des céramiques. Nous essayerons de montrer au cours de la conférence que l’association de dents en composite aux armatures en polymère HP répond à la fois à la demande esthétique toujours croissante et offre une excellente résistance à l’abrasion tout en préservant le tissu dentaire.

De surcroît, il n’est plus à démontrer l’impact négatif de certains composants métalliques sur la santé (allergie, phénomène de courant galvanique…) d’où une évolution significative du marché vers des matériaux exempts de métal. Les polymères HP répondent à ces attentes (free-metal) et sont parfaitement biocompatibles.

Une fois la restauration réalisée, le conditionnement des tissus muco-gingivaux, les ré interventions et retouches prothétiques peuvent être réalisées directement en clinique, sans retour laboratoire.

Enfin pour le patient une sensation globale de confort, de mastication naturelle est remarquée avec un rendu esthétique satisfaisant.
Dans le cadre de cette conférence nous montrerons d’une part que le procédé de fabrication similaire aux techniques traditionnelles et numériques (courbe d’apprentissage rapide) facilite la mise en œuvre des polymères HP en laboratoire.

D’autre part, nous montrerons que les techniques d’empreinte et les étapes d’essayage pour la réalisation de ce type de réhabilitation prothétique reste classique pour les praticiens. Le recours à ce type de matériaux peut être un vrai atout pour le laboratoire sans modifier les habitudes du chirurgien dentiste.

Qu’elles soient transvissées, collées, scellées ou téléscopiques, les prothèses réalisées avec ces matériaux étendent le champ des possibles et offrent de nouvelles perspectives dans la gestion des traitements implantaires des édentés totaux.

Qu’il s’agisse de la CFAO, de la technique de pressée ou tout simplement de la stratification, les céramiques nous permettent aujourd’hui de répondre à bon nombre d’indications, avec des caractéristiques optiques et mécaniques propres à chacune.

Il est donc d’autant plus important d’en respecter les protocoles aussi bien en clinique qu’au laboratoire afin d’assurer la pérennité de nos restaurations et leur intégration esthétique. 

Au coeur de cette démarche, la relation praticien-prothésiste joue un rôle fondamental, avec un échange d’informations à assurer dès les premières étapes de la prise en charge de nos patients.

Elle permet, au travers d’outils spécifiques, d’établir une véritable communication et d’individualiser nos traitements prothétiques, tout en répondant aux impératifs fonctionnels, esthétiques et surtout biologiques. L’objectif in fine étant d’adapter et de choisir nos matériaux en fonction d’une situation clinique donnée plutôt que de privilégier ces derniers au détriment des tissus naturels.